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Contes d’hiver

Entrez dans la féerie du temps des fêtes avec des musiques inspirées de contes. Ces œuvres aux orchestrations chatoyantes et colorées vous feront (re)vivre la magie de l’hiver. Puis, Valérie Milot vous fera découvrir le magnifique Concerto pour harpe de Nino Rota, célèbre compositeur de musique de film particulièrement associé aux films de Fellini.

Engelbert Humperdinck (1854-1921)

Hansel et Gretel, « Ouverture »

Compositeur précoce, Humperdinck est déjà l’auteur, à l’âge de 11 ans, de deux Singspiels (opéras allemands avec dialogues parlés entre les numéros musicaux). Hansel et Gretel est composé à la demande de sa sœur Adelheid qui souhaite faire chanter ses enfants sur des textes de contes. La famille ayant tellement apprécié les quatre chansons originalement écrites, Humperdinck décide d’en faire un véritable opéra en trois actes, Adelheid se chargeant du livret. Enthousiasmé par la partition, Richard Strauss – ami du compositeur –, insiste pour créer l’œuvre le 23 décembre 1893 à Weimar.

L’Ouverture (parfois aussi appelée Prélude) débutent par un choral joué aux cors rappelant Wagner. Repris par les cordes, puis les vents, le choral est suivi d’un passage plus rapide aux allures enfantines. Plus lyrique, la section suivante est confiée aux cordes. Dynamisme et lyrisme alternent dans la présentation des différents thèmes qui apparaîtront dans l’opéra.

Anatoli Liadov (1855-1914)

Le Lac enchanté, légende

Peu connu, Liadov est néanmoins un compositeur bien établi en Russie à la fin du XIXe siècle. Professeur de composition au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, il a, entre autres, enseigné à Prokofiev avec lequel il entretenait d’ailleurs une relation plutôt houleuse. Intéressé par le fantastique, Liadov ébauche, vers 1880, un projet d’opéra féérique (Zoriouchka) qui n’aboutira jamais. C’est à partir du matériau de cet opéra que le Lac enchanté est composé en 1909. Portant le sous-titre de « Légende », l’œuvre recréée une scène de Zoriouchka se déroulant sur le bord d’un lac où réside des personnages féériques. Conçu comme un tableau impressionniste, le Lac enchanté ne répond pas à une forme standard, mais consiste plutôt en une succession de timbres sonores où l’on croit parfois entendre certains échos wagnériens. Une ambiance mystérieuse et enchanteresse se dégage de l’ensemble.

Nino Rota (1911-1979)

Concerto pour harpe en sol majeur

  1. Allegro moderato
  2. Andante
  3. Allegro

Prolifique compositeur de musique de film, proche collaborateur des réalisateurs Zeffirelli, Coppola et surtout Fellini, Nino Rota a néanmoins composé une centaine d’œuvres dites « classiques ». Enfant prodige, il compose dès l’âge de 8 ans et termine son premier oratorio trois ans plus tard! Son catalogue classique comprend quatre symphonies, douze œuvres concertantes, des œuvres de musique de chambre et de musique vocale ainsi que des ballets. Son style pourrait être qualifié de « musique moderne accessible ».

Composé en 1947 pour Clelia Gatti Aldrovandi, le Concerto pour harpe a été créé l’année suivante avec la dédicataire et l’orchestre de la RAI de Turin sous la direction de Carlo Maria Giulini. L’œuvre s’ouvre par un Allegro au charme suranné ne suivant pas la traditionnelle forme sonate, mais plutôt la forme ritournelle de l’époque baroque où épisodes solistes alternent avec un seul thème à l’orchestre. Une délicate cadence de la harpe, toute en fluidité, précède le retour final de la ritournelle. Plus sérieux, l’Andante est d’un caractère plus introverti. Très lyriques, les cordes échangent avec les bois sur de furtifs arpèges de la harpe. Le dernier Allegro, plus vif, débute par une envolée des cordes à l’unisson. Quelques entrées fuguées contribuent à la même impression d’écriture archaïque que dans l’Allegro initial. Le concerto se conclue par une cadence toute en finesse.

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)

Casse-Noisette, suite no1, op.71a

  1. Ouverture miniature
  2. Marche
  3. Danse de la fée Dragée
  4. Danse russe (Trépak)
  5. Danse arabe
  6. Danse chinoise
  7. Danse des Mirlitons
  8. Valse des fleurs

C’est au talent de Tchaïkovski que l’on doit la création du ballet symphonique. Auteur de trois incontournables du répertoire pour ballet (Le Lac des cygnes, la Belle au Bois dormant et le célébrissime Casse-Noisette), on le considère comme le seul véritable romantique russe.

Recevant la demande d’écrire un ballet en février 1891, Tchaïkovski en réalise un an plus tard une suite symphonique à partir d’extraits de la partition. Contrairement à la tradition, la suite – interprétée en mars 1892 – a donc précédé la création du ballet qui a eu lieu seulement le 18 décembre de la même année. Écrite à partir d’une adaptation du conte allemand Casse-Noisette et le Roi des souris d’Hoffmann publié en 1816, l’intrigue du ballet met en scène la jeune Clara recevant un casse-noisette qui se transforme en prince la nuit venue et l’amène au pays de la fée Dragée. Une courte ouverture débute la suite qui, dès les premières notes, plongent l’auditeur dans un monde féerique. Les cuivres prennent ensuite le premier plan dans l’amusante Marche qui suit. Le célesta, instrument récemment créé et que Tchaïkovski utilise pour la première fois, est la vraie vedette de la célèbre Danse de la fée Dragée. Sa sonorité cristalline imitant de petites clochettes se superpose aux interventions de la clarinette basse. Très bref, le Trépak – danse traditionnelle ukrainienne – se termine par un formidable crescendo en accelerando. Puis, viennent trois danses « exotiques ». La Danse arabe, d’une sensuelle langueur, s’enchaîne sur l’espiègle Danse chinoise (qui n’a cependant rien d’asiatique!) pour ensuite faire place à la Danse des Mirlitons où les vents ont prédominance. Finalement, la suite se conclue par la noble Valse des fleurs mettant à l’avant-scène la harpe, les cors et les violoncelles.

Catherine Mathieu, musicologue

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