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Impressions champêtres

Bourru, Beethoven ? Découvrez dans ce concert son côté sentimental, amant de tranquillité et de nature, avec cette magistrale symphonie qu’il décrit comme « Souvenir de la vie rustique, plutôt émotion exprimée que peinture descriptive ». Et de Chostakovitch, vous apprécierez l’humour de ce concerto d’inspiration classique, citant au passage la musique de Beethoven et de Haydn.

Jeunes musiciens à l’avant-scène

La clarinettiste Gisèle Blanchard-Girardin et le hautboïste Jonathan St-Cyr.
L’OSD est heureux de présenter « Jeunes musiciens à l’avant-scène » ce jeudi 14 novembre, à 18h30, à l’Espace Soprema...

Peter Paul Koprowski (né en 1947)

Ancestral Voices

Compositeur, pianiste et chef d’orchestre d’origine polonaise, Peter Paul Koprowski s’établit au Canada en 1971 où il étudie la composition auprès de John Weinzweig à l’Université de Toronto. Fortement influencé par Scriabine et Szymanowski, il précise toutefois ne pas s’arrêter à un seul style : « [Mon esthétique musicale] est dans la tradition des compositeurs qui ont tenté d’effectuer une synthèse. Je suis moins intéressé par le développement du langage que par la façon dont on l’utilise. » (site web Accordion, États-Unis). Rappelant Nielsen, Sibelius et Mahler, ses œuvres sont parfois considérées comme postmodernes ou néoromantiques.

Ancestral Voices est une commande reçue en 1996 par le Guelph Spring Festival. L’œuvre, écrite pour orchestre à cordes, cherche à rendre hommage aux compositeurs et aux styles du passé. On y retrouve des échos de la musique de la Renaissance, de la musique vocale de la Pologne et de l’Europe de l’Est ainsi que des chants orthodoxes. Assistant à la première de l’œuvre le 15 juin 1996, la critique musicale Tamara Bernstein du Globe and Mail donne ainsi son appréciation : « [Ancestral Voices est une œuvre] captivante du début à la fin, en partie grâce aux nuances, à la direction expressive de Koprowski et au kaléidoscope de couleurs et de textures sonores qu’elle présente. La magnifique ouverture – un thrène soutenu pour trois violoncelles – est à couper le souffle. On mesure le talent de la personnalité artistique de Koprowski en réalisant que la pièce ne sonne jamais comme un pastiche. »

Dmitri Chostakovitch (1906-1975)

Concerto no1 pour piano et trompette et orchestre à cordes en do mineur, op.35

  1. Allegretto
  2. Lento
  3. Moderato
  4. Allegro con brio

Les années 1930 sont l’époque des Grandes Purges en U.R.S.S. Le régime de Staline intervient alors dans toutes les sphères de la société afin d’éradiquer tous ses « opposants politiques ». Le domaine artistique n’échappe pas à ces répressions massives. Un climat de terreur s’installe parmi les musiciens qui doivent suivre, sous peine d’emprisonnement ou de déportation, la fine ligne tracée par le Parti communiste entre ce qui est jugé acceptable et ce qui est « décadent ». C’est dans ce contexte que le Concerto no1 pour piano et trompette est composé. L’humour grinçant, les nombreuses références classiques (notamment à Beethoven et à Haydn) et l’instrumentation inusitée de cette œuvre excentrique traduisent de façon ironique la pensée de Chostakovitch face à la situation. L’humour, le sarcasme semblent en effet souvent servir d’exutoire, de moyen de survie pour Chostakovitch qui – et c’est l’un des seuls – a toujours réussi à se tenir sur la mince frontière entre écrire selon les attentes du Parti et composer selon ses propres convictions.

Créé le 15 octobre 1933 à Léningrad par l’auteur, ce concerto pour piano réserve également un rôle de soliste à la trompette. L’auditeur plonge dans un univers burlesque, près du cirque, dans le premier mouvement. Citations de Haydn et de Beethoven, chansons populaires et accents jazz de même que virtuosité et interventions espiègles des solistes contribuent à l’exubérance de cet Allegretto. Puis, les masques tombent dans le Lento. Le désespoir du compositeur semble y être mis à nu. Plus d’artifices ni de boutades, seulement le lyrisme émouvant des cordes, le son plaintif de la trompette et l’accompagnement sobre du piano. Servant de transition entre le mouvement lent et le finale, le Moderato ne comporte pas de trompette. Retour à l’effervescence, presque étourdissante, du premier mouvement dans l’Allegro final. Déchaînés, le piano et la trompette semblent mener une course parsemée de traits virtuoses entremêlés de passages extravagants.

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

Symphonie nº 6 en fa majeur, op. 68, « Pastorale »

  1. Allegro ma non troppo. « Éveil d’impressions joyeuses (ou agréables) en arrivant à la campagne »
  2. Andante molto mosso. « Scène au bord du ruisseau »
  3. Allegro. « Réunion joyeuse de paysans »
  4. Allegro. « Orage, tempête »
  5. Allegretto. « Chant des pâtres, sentiments de contentement et de reconnaissance après l’orage »

C’est à un véritable festin beethovénien qu’est convié le public viennois le 22 décembre 1808 au Theater and der Wien! Non seulement le programme du concert comprend des extraits de la Messe en do mineur, mais également la Fantaisie pour piano et les cinquième et sixième symphonies. Sous-titrée « Symphonie pastorale ou souvenir de la vie à la campagne », la Sixième symphonie reçoit alors un accueil plutôt tiède, le public jugeant le deuxième mouvement beaucoup trop long. Bien que Beethoven ait lui-même écrit des indications de « programme » pour chacun des mouvements, il précise qu’il faut « laisser le soin à l’auditeur de trouver la situation ; toute peinture, dès qu’elle est poussée trop loin dans la musique, perd. »

Construite en cinq mouvement – dont les trois derniers sont enchaînés –, la symphonie s’ouvre par un thème léger et paisible aux violons dont la rythmique servira de matériau de base à tout le mouvement. Dans l’Andante qui suit, les murmures du ruisseau sont illustrés par les ondulations des cordes à l’exception des premiers violons qui, eux, chantent une mélodie tendre. Beethoven mentionne également l’intervention de trois chants d’oiseaux sur la partition : le rossignol (flûte), la caille (hautbois) et le coucou (clarinette). Une « joyeuse réunion de paysans » se déroule ensuite sur des rythmes de danses populaires avant que l’« orage » n’éclate. Des trémolos aux cordes sur un grondement des basses et quelques éclairs de bois mènent à un violent tutti marqué par le tonnerre des roulements de timbales. La tempête se calme enfin avec un thème joué aux deuxièmes violons et au hautbois. Finalement, l’orage fait définitivement place au beau temps dans le dernier mouvement conçu comme un thème et variations.

Catherine Mathieu, musicologue

Un concert est un moment magique, un espace où se crée, pour un instant, une rencontre unique entre les musiciens, la musique et le public. Un moment suspendu empreint d’humanité dans lequel nos imaginations libérées se font leur cinéma.

Les grands concerts

Canimex, partenaire principal de la série Les Grands Concerts

Toute grande œuvre musicale comporte une part d’infini. Ainsi, une œuvre créée en 1740 garde toute sa pertinence à travers les siècles parce que son langage universel, qui touche chacun jusqu’au plus profond de l’âme, opère une magie toujours actuelle.

Les Après-concerts Soprema

Un moment privilégié immédiatement après le concert pour rencontrer chef, solistes et musiciens. Service de bar disponible.

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