Vous êtes ici

Mille et une nuits

Une fin de saison spectaculaire ! Charles Richard-Hamelin interprétera le plus important des concertos pour piano de Beethoven, souvent considéré comme le premier concerto romantique. Puis, nous vous présenterons Schéhérazade, fable musicale relatant l’histoire de cette femme qui, afin d’être épargnée par le terrible sultan Shahriar, lui raconte d’extraordinaires histoires pendant mille et une nuits.

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

Concerto pour piano no5 en mi bémol majeur, op.73, « Empereur »

  1. Allegro
  2. Adagio un poco mosso
  3. Allegro ma non troppo

« Quelle vie épuisante et dévastatrice autour de moi; rien que tambours, canons, misères humaines de tout genre! », écrivait Beethoven le 26 juillet 1809 à son éditeur. Commencée en 1808, la composition du cinquième et dernier concerto pour piano est interrompue par les bombardements et l'occupation de Vienne par la Grande Armée de Napoléon au printemps 1809. Ce contexte particulier peut sans doute expliquer le caractère militaire de l’œuvre. Faisant exploser les cadres classiques, ce concerto servira de modèle pour plusieurs compositeurs romantiques tels que Liszt et Brahms. Ses dimensions symphoniques requièrent l'utilisation du grand piano moderne, ce que les œuvres concertantes de Mozart ou même les premiers concertos de Beethoven n'exigeaient pas. Le titre d'« Empereur » aurait été donné par J.B. Cramer, non pas pour des raisons politiques, mais tout simplement pour rendre hommage à la grandeur de l’œuvre. Beethoven lui-même désapprouvait ce titre.

Le concerto s'ouvre par une cadence éclatante du piano sur un accord de l’orchestre. Comme une libre improvisation, les arpèges, trilles et gammes du soliste font ensuite place au premier thème martial joué par l'orchestre. Vient ensuite un deuxième thème plus mystérieux d’abord en mineur puis en majeur. L’Adagio, en si majeur, est une douce méditation où les cordes esquissent une mélodie d’une grande simplicité rappelant celle d’un choral. Le piano y plane au-dessus de l’orchestre avec ses trilles chromatiques. Vers la fin du mouvement, les cors permettent la transition entre la tonalité de si majeur et le retour à la tonalité originale en mi bémol pour le Rondo. Ce dernier mouvement débute par un thème d’une joyeuse élégance confié au soliste et repris ensuite par l’orchestre. D’une très grande virtuosité, ce final aux allures de danse populaire se termine par une éclatante coda annoncée par un long trille du piano.

Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908)

Shéhérazade, op.35

  1. La mer et le vaisseau de Simbad
  2. Le récit du prince Kalender
  3. Le jeune prince et la jeune princesse
  4. Fête à Bagdad - La Mer - Le Vaisseau se brise sur un rocher surmonté d'un guerrier d'airain

Qui ne connaît pas l’histoire de Shéhérazade et des contes des Mille et Une nuits? Afin d’éviter d’avoir une épouse infidèle, le terrible sultan Shahriar décide de marier une femme par jour et de la faire exécuter le lendemain matin. Or, la rusée Shéhérazade compte bien échapper à ce cruel sort en racontant tous les soirs au sultan une histoire dont la suite se prolonge le lendemain. Captivé par les récits de son épouse, le sultan décide finalement au bout de mille et une nuits d’épargner Shéhérazade.

C’est dans ce monde féérique que la célèbre suite symphonique de Rimski-Korsakov vous invite à plonger. Considérée comme le « monument oriental le plus important du XIXe siècle », elle met en musique quatre épisodes que la belle Shéhérazade raconte nuit après nuit au sultan. Créé en 1889 à Saint-Pétersbourg, Shéhérazade est probablement l’œuvre la plus connue de Rimski-Korsakov, grand maître de l’orchestration auquel on attribue parfois le titre de « magicien de l’orchestre ». Le compositeur refusait d’attribuer à sa musique des descriptions trop précises. L’auditeur peut donc laisser vaguer son imagination dans cet univers oriental. Dès le premier tableau, Shéhérazade (personnifiée par le violon solo et la harpe) et le sultan (personnifié par les cuivres) entrent en scène. Une tempête se lève bientôt où les motifs associés aux deux personnages sont superposés. Le mouvement s’achève en douceur dans le chatoiement des bois et des cordes. Le violon solo accompagné de la harpe ouvre le second récit. Une mélodie orientale est ensuite confiée au basson, au hautbois, aux violons, puis par l’ensemble des bois. L’atmosphère change par la suite brusquement. La fanfare des cuivres semble plonger l’auditeur dans une bataille avant le retour du thème initial qui s’intensifie et mène à un crescendo aboutissant à un coup de cymbale. Le troisième mouvement illustre un dialogue entre un prince et une princesse, tous deux représentés musicalement par un thème distinct : le premier exposé par les violons, le deuxième à clarinette ponctué par le tambour de basque. Finalement, la Fête à Bagdad fait à nouveau entendre le violon solo en double-cordes avant d’enchaîner par un tourbillon sonore où les différents motifs entendus tout au long de la suite sont repris tour à tour.

Bien que Rimski-Korsakov ait clairement indiqué que sa partition ne devrait pas être prise au premier degré, l’auditeur ne pourra s’empêcher d’entendre les vagues de la mer dans certains passages arpégés, la force du sultan dans la puissance des cuivres ou encore le sifflement du vent à travers les gammes chromatiques des bois.

Catherine Mathieu, musicologue

Un concert est un moment magique, un espace où se crée, pour un instant, une rencontre unique entre les musiciens, la musique et le public. Un moment suspendu empreint d’humanité dans lequel nos imaginations libérées se font leur cinéma.

Les grands concerts

Canimex, partenaire principal de la série Les Grands Concerts

Toute grande œuvre musicale comporte une part d’infini. Ainsi, une œuvre créée en 1740 garde toute sa pertinence à travers les siècles parce que son langage universel, qui touche chacun jusqu’au plus profond de l’âme, opère une magie toujours actuelle.

Les Après-concerts Soprema

Un moment privilégié immédiatement après le concert pour rencontrer chef, solistes et musiciens. Service de bar disponible.

Abonnez-vous à notre info-lettre