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Présenté par

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Caisse Desjardins de Drummondville

BRAHMS
Symphonie no 3

BRAHMS
Ouverture pour une fête académique

HÉTU
Concerto pour trompette

LIGETI
Concert Românesc

Pour lancer la saison, nous terminons un grand voyage musical entamé il y a quatre ans en complétant l’interprétation des symphonies de Brahms, véritables joyaux de la musique romantique.

Et en première partie, nous aurons l’immense plaisir d’accueillir le trompettiste Stéphane Beaulac dans le concerto de Jacques Hétu, grand compositeur québécois disparu en 2010.

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Un moment privilégié immédiatement après le concert pour rencontrer le chef, le ou la soliste et les musiciens, et échanger avec eux.

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Il pourrait de prime abord sembler bien audacieux de mettre au programme des œuvres de Brahms et Ligeti dans le même concert. Or, les deux hommes partagent – avec près d’un siècle d’écart – un même attrait pour la musique hongroise et tzigane. Ami et collègue du violoniste Eduard Remenyi, Brahms a été initié à la musique hongroise (surtout tzigane). Il s’en inspirera d’ailleurs dans plusieurs œuvres. Ligeti, quant à lui, puisera à même ses racines – il est né en Transylvanie dans une communauté de langue hongroise – en utilisant des rythmes et des sonorités de l’Europe de l’Est comme matériau sonore.

Johannes Brahms (1833-1897)

Symphonie no3 en fa majeur, op.90

  1. Allegro con brio

  2. Andante

  3. Poco allegretto

  4. Allegro

 

Longtemps angoissé à l’idée de marcher dans les pas du « géant » Beethoven, ce n’est qu’en 1872 – à près de 40 ans – que Brahms décide de s’attaquer au genre de la symphonie. L’œuvre, surnommée la « Dixième », porte d’ailleurs l’empreinte du Maître. Composée onze ans plus tard par un symphoniste maintenant réputé, la troisième symphonie, baptisée « Héroïque » par le chef d’orchestre et créateur de l’œuvre Hans Richter, porte encore à certains égards l’empreinte beethovénienne, notamment par sa structure en quatre mouvements et son orchestration. Recevant un accueil triomphal lors de sa création en décembre 1883, elle est bien l’œuvre de l’un des plus grands représentants du romantisme allemand avec ses thèmes vibrants et ses ambivalences mélodiques et tonales.

S’ouvrant sur trois accords aux vents – fa-la bémol-fa ou F-A-F en allemand qui formeraient selon certains un acrostiche à partir de la devise de Brahms « Froh Aber Frei » (Libre mais heureux) –, le premier mouvement introduit deux thèmes : un premier énergique énoncé aux violons et un deuxième gracieux à la clarinette et au basson. Teinté de couleurs tziganes, le développement est ensuite suivi de la réexposition. À la fois simple et serein, l’Andante fait entendre la douce voix des vents. Contrairement au traditionnel scherzo beethovénien placé au troisième rang, Brahms fait ensuite place à un Poco allegretto tout en demies-teintes jouant sur l’ambiguïté majeur/mineur et dont le thème introduit par les violoncelles a servi de trame sonore au film Aimez-vous Brahms… en plus d’avoir inspiré des artistes aussi divers que Serge Gainsbourg (« Baby in Babylone »), Yves Montand (« Quand tu dors près de moi »), Frank Sinatra (« Take My Love ») et Carlos Santana (« Love of My Life »). Finalement, l’Allegro en fa mineur, d’une grande puissance dramatique, s’achève de façon surprenante en majeur dans la plus grande douceur.

Johannes Brahms (1833-1897)

Ouverture pour une fête académique, op.80

Créée le 27 novembre 1881 à Meinegen sous la direction de Brahms, cette ouverture est écrite en guise de remerciement à l’Université de philosophie de Breslau qui lui remettait ce même jour un doctorat Honoris causa. Utilisant une dizaine de motifs différents dont quatre chansons à boire bien connues par les étudiants, l’œuvre comporte quatre sections interprétées en continu.

Jacques Hétu (1938-2010)

Concerto pour trompette et petit orchestre, op.43

  1. Allegro

  2. Lento

  3. Allegro vivace

 

Natif de Trois-Rivières, Jacques Hétu compte parmi les compositeurs canadiens les plus joués au Canada et à l’étranger. Indépendant, n’appartenant à aucune école, aucun courant, son style est caractérisé par l’emploi de formes classiques, de cellules cycliques servant de matériau de base à l’ensemble d’une œuvre et surtout, par son grand lyrisme empreint d’émotion. En plus de cinq symphonies, plusieurs œuvres orchestrales (dont certaines pour voix et orchestre) et des pièces de musique de chambre, Jacques Hétu laisse une quinzaine de concertos, essentiellement pour instruments à vent, mais également pour ondes Martenot, guitare, marimba et vibraphone.

Le Concerto pour trompette et petit orchestre est une commande de la CBC. Il a été créé par le trompettiste Guy Few en 1987. Hétu le décrivait en ces termes : « Il s’agit d’une œuvre simple, pas compliquée, une œuvre joyeuse. Rien de dramatique ne s’y passe; la sonorité brillante de la trompette se détache de l’orchestre à cordes, mais je n’utilise pas de fanfares ou autres; l’instrument soliste est traité de façon lyrique et expressive. »

 

György Ligeti (1923-2006)

Concert Românesc

  1. Andantino

  2. Allegro vivace

  3. Adagio ma non troppo

  4. Molto vivace

 

La création publique du Concert Românesc n’a eu lieu que 20 ans après sa composition, le gouvernement communiste hongrois ayant jugé l’œuvre décadente en 1951. Combinant adroitement mélodies populaires roumaines et éléments purement inventés, Ligeti construit l’œuvre en quatre parties évoquant chacune des rythmes de danse et une orchestration rappelant un petit orchestre de village. Joués sans interruption, les quatre mouvements sont regroupés en deux principales sections.

L’œuvre débute par une mélodie calme d’abord interprétée par les cordes à l’unisson. Puis, c’est une danse énergique mettant en vedette le piccolo et le violon solo qui se fait entendre. Le troisième mouvement s’ouvre par un duo de cors rappelant la sonorité du cor des Alpes, l’un faisant écho à l’autre. Le violon solo reprend le premier plan dans le finale qui fait penser à une « danse entre un moustique et une tapette à mouches »! L’appel du cor refait momentanément surface avant que l’orchestre ne termine cette danse effrénée par un formidable point d’exclamation.