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RIMSKI-KORSAKOV
Le Coq d’or : suite

PROKOFIEV
Alexander Nevski

ÉRIC CHAMPAGNE
Vers les astres

Deux compositeurs aux orchestrations grandioses nous racontent des histoires de prince et de tsar. D’abord un conte de Pouchkine, puis l’histoire militaire du prince Alexander Nevski mise en musique par Prokofiev pour le film d’Eisenstein de 1938. Pour l’occasion, cent choristes se joindront aux musiciens de l’OSD. Venez célébrer en grand la fin de la 5e saison de Julien Proulx à la barre de l’OSD !

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Nikolai Andreievitch Rimski-Korsakov (1844-1908)

Le Coq d’or : suite

  1. Le tsar Dodon chez lui

  2. Le tsar Dodon en campagne

  3. Le tsar Dodon chez la Reine

  4. La noce et la pitoyable fin de Dodon

Réalisée en 1913 à partir des indications de Rimski-Korsakov – décédé cinq ans plus tôt –, la suite symphonique Le Coq d’or reprend des éléments du dernier opéra du compositeur. Basé sur un poème de Pouchkine racontant l’histoire du tsar Dodon recevant un coq d’or qui chante à l’approche d’un danger, l’opéra mêle le côté merveilleux du conte traditionnel et la satire politique du pouvoir tsariste.

La suite s’ouvre avec le chant du coq personnifié par la trompette dans l’aigu, puis un thème exotique illustrant le personnage de la Reine de Chemakha – qui séduira le tsar Dodon – est confié à la clarinette. L’Astrologue, annoncé par les clochettes du célesta et du glockenspiel, entre ensuite en scène. Ce dernier offre le coq au tsar. Le deuxième mouvement est tiré de l’introduction de l’acte II. On y entend le chant du coq, mais personne ne semble réagir, le tsar étant davantage occupé par les charmes de la Reine. Celle-ci entame une danse lascive dans le troisième mouvement. Un changement de tempo représente les efforts ridicules du tsar pour tenter de la séduire à son tour. Le dernier mouvement fait entendre une marche nuptiale aux cuivres basé sur le motif du chant du coq. L’Astrologue réapparaît et demande la main de la Reine en échange du cadeau offert au tsar. Le tsar refuse et tue l’Astrologue. Aussitôt, le coq réagit en donnant un vigoureux coup de bec au tsar qui en meurt.

 

Sergueï Prokofiev (1891-1953)

Cantate pour mezzo-soprano, chœur et orchestre, op.78, « Alexandre Nevski »

De retour en URSS après un très long exil, Prokofiev est approché par le réalisateur Eisenstein (1898-1948) pour composer la musique du film Alexandre Nevski (1938). Devant la montée du nazisme et de la possible invasion des territoires russes, Staline souhaite envoyer un message fort en glorifiant ce héros de l’histoire russe ayant réussi à repousser l’invasion des chevaliers de l’ordre teutonique en 1242. Le tandem Eisenstein-Prokofiev donnera également naissance à un autre incontournable chef-d’œuvre du cinéma soviétique en 1946, Ivan le Terrible.

Bien que la musique de Prokofiev ait été conçue pour être superposée aux images du film, la Cantate pour mezzo-soprano, chœur et orchestre qu’il tire de la partition originale un an plus tard – pour souligner les 60 ans de Staline – est tout aussi bouleversante. Conservant sept scènes du scénario original, le compositeur y emploie diverses techniques permettant de plonger immédiatement l’auditeur dans l’ambiance épique de cet événement historique. L’œuvre s’ouvre sur une musique qui illustre un champ de bataille au lever du jour, des squelettes gisant au sol. La scène représente la Russie sous le joug mongol. Puis, le chœur entre en chantant le thème d’Alexandre Nevski, évoquant le souvenir d’une victoire du héros et l’espoir suscité chez le peuple russe. Le troisième mouvement introduit le motif associé aux chevaliers teutoniques avec ses dissonances et son caractère sombre. La tension monte, le danger est imminent. Retenti ensuite l’appel aux armes « Debout, peuple russe! » précédant la célèbre Bataille sur la glace des troupes de Nevski contre les chevaliers teutoniques sur un lac gelé. La partition de Prokofiev recrée ici le froid et la glace grâce aux effets aux violons jouant « sul ponticello ». L’ennemi à cheval s’avance ensuite au loin, devenant de plus en plus menaçant sur un ostinato des cordes et de la caisse claire. La bataille éclate violemment. Marquée par les interventions musclées des percussions, la glace cède enfin sous le poids des chevaliers. Le thème léger et sautillant associé aux Russes fait sa réapparition, soulignant ainsi la victoire. Le chant des morts qui suit – probablement l’une des pages les plus émouvantes de Prokofiev – met en scène une jeune fille (mezzo-soprano) qui cherche son bien-aimé parmi les cadavres. La cantate s’achève par le retour triomphal de Nevski où le chœur chante à nouveau l’air du héros et l’orchestre déploie tous ses effectifs.

 

Éric Champagne (né en 1980)

Vers les astres

Jeune compositeur à la carrière florissante, Éric Champagne est récipiendaire du prix Opus « Découverte de l’année 2014 » en plus d’avoir été compositeur en résidence de l’Orchestre Métropolitain de 2012 à 2014 ainsi que de la Chapelle historique du Bon-Pasteur de 2016 à 2018. Son écriture, autant vocale qu’instrumentale, se caractérise par une « tonalité libre » comportant des éléments tonaux, polytonaux et atonaux. Décrivant lui-même avec humour son style comme « une salade de fruits », ses œuvres pour orchestre comportent des « chatoiements rappelant ceux des orchestres debussyste et ravelien ». Se qualifiant d’« éponge », ses influences vont de Mahler à Michel Longtin en passant par John Adams et Roger Matton.

Commandé en 2011 par l’Orchestre Métropolitain afin de souligner son 30e anniversaire, Vers les astres devait faire en quelque sorte écho à Orion de Claude Vivier interprété lors du même concert. Passionné d’astronomie depuis l’enfance, Éric Champagne s’est donc imprégné de cette impression d’infini caractérisant l’œuvre de Vivier. Le Poème de l’extase de Scriabine a également été une source d’inspiration lors de l’écriture de l’œuvre.