Shéhérazade

jeudi 20 avril, 2023 19h30

Maison des arts Desjardins Drummondville - Salle Principale175 Rue Ringuet, Drummondville, QC J2C 2P7


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Programme

Shéhérazade, op. 35


Pour sortir au jour, pour flûte et orchestre


En jaune et bleu – La bataille de Kyiv


Une fin de saison spectaculaire ! Notre flûte solo Ariane Brisson présente un concerto de flûte haut en couleur inspiré de l’Égypte antique et du Livre des morts. Puis, on vous raconte en musique l’histoire de Shéhérazade, cette femme qui, afin d’être épargnée par le terrible sultan Shahriar, lui raconte d’extraordinaires histoires pendant mille et une nuits.

Julien Proulx


Chef d’orchestre

Nikolaï Rimsky-Korsakov (1844-1908)

Shéhérazade, op. 35

I.  La mer et le vaisseau de Simbad
II. Le récit du prince Kalender
III. Le jeune prince et la jeune princesse
IV. Fête à Bagdad – La Mer – Le Vaisseau se brise sur un rocher surmonté d’un guerrier d’airain

Qui ne connaît pas l’histoire de Shéhérazade et des contes des Mille et Une nuits? Afin d’éviter d’avoir une épouse infidèle, le terrible sultan Shahriar décide de marier une femme par jour et de la faire exécuter le lendemain matin. Or, la rusée Shéhérazade compte bien échapper à ce cruel sort en racontant tous les soirs au sultan une histoire dont la suite se prolonge le lendemain. Captivé par les récits de son épouse, le sultan décide finalement d’épargner Shéhérazade au bout de mille et une nuits.

Considérée comme le « monument oriental le plus important du XIXe siècle », Shéhérazade met en musique quatre épisodes. Créé en 1889 à Saint-Pétersbourg, il s’agit probablement de l’œuvre la plus connue de Rimski-Korsakov, grand maître de l’orchestration auquel on attribue parfois le titre de « magicien de l’orchestre ».

Dès le premier tableau, Shéhérazade (personnifiée par le violon solo et la harpe) et le sultan (personnifié par les cuivres) entrent en scène. Une tempête se lève bientôt où les motifs associés aux deux personnages sont superposés. Le mouvement s’achève en douceur dans le chatoiement des bois et des cordes.

Le violon solo accompagné de la harpe ouvre le second récit. Une mélodie orientale est ensuite confiée au basson, au hautbois, aux violons, puis par l’ensemble des bois. L’atmosphère change par la suite brusquement. La fanfare des cuivres semble plonger l’auditeur dans une bataille avant le retour du thème initial qui s’intensifie et mène à un crescendo aboutissant à un coup de cymbale.

Le troisième mouvement illustre un dialogue entre un prince et une princesse, tous deux représentés musicalement par un thème distinct : le premier exposé par les violons, le deuxième à la clarinette ponctué par le tambour de basque.

Finalement, la Fête à Bagdad fait à nouveau entendre le violon solo en double-cordes avant d’enchaîner par un tourbillon sonore où les différents motifs entendus tout au long de la suite sont repris tour à tour.

« L’orchestration fait partie de l’âme même de l’œuvre. Une œuvre est pensée en fonction de l’orchestre, certaines tonalités lui étant indissociables dans l’esprit de son créateur et lui étant nées dès l’heure de sa naissance. » Nikolaï Rimsky-Korsakov

Guillaume Connesson (né en 1970)

Pour sortir au jour, pour flûte et orchestre

I. Danse processionnelle
II. Entrée dans la Douat
III. Danse de la Justification
IV. La Balance des Dieux
V. Danse dans les champs de lalou

Présentement l’un des compositeurs français les plus joués dans le monde, Guillaume Connesson a remporté de nombreux prix (notamment deux Victoires de la Musique en 2015 et 2019). Tiré du Livre des Morts égyptien, le concerto pour flûte Pour sortir au Jour est une commande du Chicago Symphony Orchestra. Créé en 2014 avec le soliste Mathieu Dufour sous la direction de Charles Dutoit, l’œuvre raconte le voyage au pays des Morts du point de vue d’une personne décédée, symbolisée par la flûte.

Comportant cinq mouvements enchaînés, le concerto respecte toutefois la structure classique en trois sections (la Danse processionnelle et la Danse de la justification servant en quelque sorte d’introduction aux premier et deuxième mouvements). Ces deux danses se démarquent du reste des mouvements (sauf pour le finale) en mettant de l’avant un petit ensemble – appelé l’« ensemble égyptien » par l’auteur – constitué de la flûte soliste, deux hautbois, une trompette, deux harpes, des percussions et quatre altos.

La danse à sept temps ouvrant le concerto illustre le cortège funèbre traversant le Nil. On y entend la flûte solo soutenue par l’ensemble égyptien. L’entrée de l’orchestre annonce la transition vers le prochain mouvement.

Comportant six sections différentes, l’Entrée dans la Douat explore différentes sonorités et possibilités techniques de la flûte : jeux de miroirs avec les flûtes de l’orchestre, registre médium, polyrythmie, virtuosité, son plaintif.

Conçue comme une musique d’attente qui prépare le mouvement suivant, la Danse de la Justification remet à l’avant l’ensemble égyptien, mais sans la flûte cette fois.

La Balance des Dieux est le cœur de l’œuvre. C’est ici que le mort reçoit le jugement des Dieux. Revenant à trois reprises, le thème principal finit par faire place à un accord lumineux indiquant que la flûte peut accéder à l’étape ultime.

Finalement, la dernière danse réunit dans un heureux dialogue l’ensemble égyptien et l’orchestre, exprimant toute la joie du mort étant enfin parvenu au Nil céleste.

« Il est nécessaire de créer des œuvres qui vont susciter suffisamment de désir de la part des interprètes pour entrer dans le répertoire. Ces œuvres-là imposeront de nouvelles formes. » Guillaume Conneson

Jean Larocque (né en 1950)

En jaune et bleu – La bataille de Kyiv

Poème symphonique en do mineur

Bien évidemment inspiré par la tragédie ukrainienne, particulièrement par la réussite de la défense de Kyiv dans les premiers mois de la guerre, ce poème symphonique évoque toute une panoplie d’émotions.

Le thème initial, d’abord pastoral, devient angoissé après un court passage tourmenté laissant présager la brutalité qui vient. Et c’est l’éclatement des accents guerriers de l’agression russe, qui toutefois tourne court face à la détermination des Ukrainiens, laquelle prend la forme d’une marche défiante. Mais on entend tout de même la dispersion et la fuite d’une population qui cherche à survivre.

Puis s’installe, lento, un thème évoquant la douleur, la stupeur, la désolation, suivi d’un crescendo sinistre soulignant l’horreur et cette peur qui frappe le citoyen pris dans un engrenage qu’il ne peut pas contrôler.

Retour au combat qui fait rage : la musique redevient défiante, le combat redevient enchevêtré, puis la marche revient, créant cette fois une atmosphère triomphale. Le russe perd du terrain. Et des gens, qui avaient fui, commencent à revenir… on sent leur hésitation, mais aussi leur courage. Et le thème initial réapparaît, d’abord tourmenté par la furie du combat. Mais il finit par imposer tranquillement sa douceur, comme un retour à la normalité, mais non sans quelques hésitations.

Un crescendo chromatique intense apporte une touche finale remplie d’espoir pour le futur. L’œuvre se termine sur un accord instable de do majeur, comme quoi on comprend que tout n’est pas fini…!