
jeudi 18 février, 2027 19h30
Maison des arts Desjardins Drummondville
175 Rue Ringuet, Drummondville
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Bronzage symphonique
Programme
Milonga del Angel
Double concerto « Hommage à Liège »
Concerto en ré pour orchestre à cordes
À défaut d’aller dans le Sud, on vous propose un bronzage… musical!
En plein mois de février, l’orchestre vous transporte là où les rythmes sont plus chauds, les nuits plus longues et la musique plus enveloppante. Entre les couleurs du Portugal et les élans du tango argentin, laissez-vous porter par les sons des cordes, de la guitare et du bandonéon!
Avec le bandonéoniste Denis Plante et le guitariste Tommy Dupuis, un talent bien de chez nous, cette soirée vous fera voyager sans même quitter votre siège.
Passeport inutile, mais amenez de la crème solaire… au cas où.
Arrivez tôt !
Dès 18 h 30, nos Jeunes musicien·ne·s à l’avant-scène donnent le ton. Laissez-vous porter par l’ambiance… avec une touche de danse aux accents latins.
Poursuivez l’expérience après le concert !
Venez échanger en bord de scène avec les artistes invités et en apprendre davantage sur le bandonéon, un instrument rare que vous aurez découvert sur scène, ainsi que sur le parcours de nos solistes. Puis, prolongez la soirée autour d’un cocktail en compagnie du chef et des musicien·ne·s de l’orchestre.
Astor Piazzolla (1921-1992)
Milonga del Angel
Sa musique venait du cœur : c’était l’appel d’un indigné, le cri d’une époque qui refuse de s’éteindre; c’était le souffle d’un bandonéon qui souffre, qui refuse de se taire. Sa musique, c’était comme un miroir pour nos émotions, on pouvait tous s’y reconnaître.
– Denis Plante
S’il y a un nom qui nous vient automatiquement en tête lorsqu’on songe au tango, c’est généralement celui du bandonéoniste Astor Piazzolla. Et pourtant, toute sa vie on lui a longtemps reproché de profaner ce style, symbole sacré de l’Argentine. « En Argentine, à Buenos Aires, vous pouvez changer tout, sauf le tango », confiait d’ailleurs Piazzolla.
Le tango est né dans les quartiers malfamés de Buenos Aires à la fin du XIXe siècle, porté par un mélange d’influences notamment africaines, espagnoles et cubaines. Au départ, la danse était pratiquée uniquement par des hommes, entre autres afin de passer le temps lorsqu’ils faisaient la file pour entrer dans les maisons closes… Mais petit à petit, dans la première moitié du XXe siècle, le tango est devenu immensément populaire, s’est propagé à travers le monde et s’est institutionnalisé.
C’est au cours des années 1950 qu’Astor Piazzolla développe son « Tango nuevo », surtout influencé par le jazz, le classique et la musique d’avant-garde. Ce nouveau tango est très éloigné de la tradition et se destine davantage à l’écoute qu’à la danse. Au début des années 1960, Piazzolla collabore avec l’écrivain Alberto Rodríguez Muñoz, qui lui demande de composer la trame sonore de sa pièce de théâtre Le tango de l’Ange. Celle-ci raconte l’histoire d’un ange qui tente de guérir les esprits brisés d’un immeuble de Buenos Aires, et qui finit par mourir dans un combat au couteau. C’est ainsi que naît la Suite de l’Ange dont fait partie la Milonga del Ángel. La « milonga » est considérée comme l’ancêtre du tango, et présente généralement un caractère plus joyeux et léger que ce dernier (ce n’est toutefois pas le cas dans la Milonga del Ángel).
Astor Piazzolla (1921-1992)
Double concerto « Hommage à Liège »
I. Introduction
II. Milonga
III. Tango
Vingt ans plus tard, en 1985, Piazzolla compose son Double Concerto pour bandonéon, guitare et orchestre à cordes, pour la 5e édition du Festival international de guitare de Liège. L’« Introduction » laisse d’abord toute la place à la guitare – mise en valeur dans ses possibilités mélodiques, harmoniques et percussives –, avant d’être rejointe par le bandonéon, qui amène avec lui l’héritage et les sonorités du tango. L’orchestre à cordes n’arrive qu’à partir du deuxième mouvement, insufflant du même coup un rythme de danse au Concerto. Le « Tango » final est typique du mélange entre la musique d’avant-garde et le style traditionnel argentin, avec ses accents et ses articulations.
Joly Braga Santos (1924-1988)
Concerto en ré pour orchestre à cordes
I. Largamente maestoso – Allegro
II. Adagio non troppo
III. Allegro ben marcato
Vous connaissez certainement plusieurs compositeurs français, anglais, allemands, autrichiens, espagnols ou italiens. Mais de nationalité portugaise, combien pouvez-vous en nommer? Après ce concert, vous songerez certainement à Joly Braga Santos, souvent considéré comme le plus grand compositeur portugais du XXe siècle. On lui doit notamment six symphonies, trois opéras et une multitude de pièces pour petits ou grands ensembles. Si son nom est resté dans l’ombre, c’est en partie dû à sa discrétion naturelle, comme le souligne le chef d’orchestre Álvaro Cassuto : « Étant une personne extrêmement généreuse et désintéressée, [Santos] n’était pas doué pour se “vendre”. » Son style est souvent comparé à celui de Ralph Vaughan Williams, mais aussi à ceux de William Walton, Béla Bartók ou Zoltán Kodály.
Le Concerto en ré est une des œuvres les plus jouées de Santos, écrite en 1951, alors qu’il avait 27 ans. Elle est à l’image des liens que souhaitait tisser le compositeur entre la musique contemporaine et la musique modale, qui caractérise le folklore de son pays (et tant d’autres folklores). Le premier mouvement fait rapidement sentir ses effluves populaires, qui émanent d’une mélodie profondément lyrique et nostalgique. Celle-ci laisse place à une section « Allegro » bien plus mouvementée, tout en conservant son caractère folklorique. Le deuxième mouvement est particulièrement sombre, soutenu par un rythme de marche. L’harmonie y est déchirante, mais les tout derniers accords laissent présager une lueur d’espoir. Par ailleurs, cet « Adagio non troppo » résonnait lors des funérailles de Santos en 1988. Enfin, le mouvement final rappelle une grande fête paysanne. Ici et là, les célébrations semblent brièvement entrecoupées d’un petit nuage noir à la rythmique guerrière, mais ceux-ci sont chaque fois balayés par cette danse à cinq temps qui clôt le Concerto.
© Gabriel Paquin-Buki


