jeudi 16 avril, 2026 19h30

Maison des arts Desjardins Drummondville175 Rue Ringuet, Drummondville


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Cathédrale symphonique

Programme

Concerto breve


Symphonie n° 6


Une idée brève et punchée suivie d’une autre idée qui, elle, prend tout son temps pour s’exprimer. C’est exactement ce que vous allez vivre dans ce dernier concert de la saison. Tout d’abord la pianiste Chloé Dumoulin vous éblouira dans le Concerto breve du compositeur catalan Montsalvatge. Puis, l’orchestre se lancera dans la 6e symphonie d’Anton Bruckner. Une musique monumentale, plus grande que nature qui, à l’image des grandes cathédrales, nous fait vivre à la fois la grandeur de l’espace et la richesse des détails.

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Arrivez tôt !

Dès 18h30, joignez-vous à nos Jeunes musiciens et musiciennes à l’avant-scène pour ce dernier Prélude au concert d’une vingtaine de minutes dans l’Espace Desjardins. Prenez aussi le temps de discuter avec nos médiateurs pour en apprendre plus à propos des œuvres au programme de la soirée.

En bonus ? On vous dévoile la programmation de notre saison 2026-2027!

Poursuivez l’expérience après le concert !

Rencontrez notre soliste invitée, la pianiste Chloé Dumoulin, jeune talent en pleine ascension ! Lors d’un échange animé par notre chef Julien Proulx, découvrez l’envers du décor d’une carrière musicale et la préparation des solistes avant leur entrée sur scène.

Julien Proulx

Julien Proulx

Chef d’orchestre

Xavier Montsalvatge (1912-2002)

Concerto breve

I. Energico
II. Dolce
III. Vivo

Le nom de Xavier Montsalvatge ne vous dit peut-être pas grand-chose , mais il fait pourtant partie des compositeurs les plus reconnus de l’histoire espagnole et catalane. Aux côtés de Frédéric Mompou, notamment, il a succédé aux grands Isaac Albéniz, Enrique Granados ou Manuel de Falla. Montsalvatge s’est particulièrement fait connaître grâce à ses Cinco Canciones Negras (1945), qui mélangent écriture classique et rythmes caraïbéens, dans un style auquel on a donné le nom d’« antillais ». Le Concerto Breve date quant à lui de 1953, et se divise en trois mouvements : « Enérgico », « Dolce » et « Vivo ». L’œuvre légère autant que virtuose est dédiée à la pianiste espagnole Alicia de Larrocha, qui en a été la première interprète.

Attention à ne pas vous laisser surprendre par le premier accord! L’œuvre est lancée de manière percutante par l’orchestre, qui laisse aussitôt sa place au piano, lequel prend des airs de Ravel et Stravinsky. Les idées musicales se déploient jusqu’à une cadence introspective, à laquelle met fin l’orchestre, juste à temps pour conclure le mouvement de manière très affirmée. C’est un long soliloque intime du cor anglais qui amorce « Dolce », avant de céder sa place au piano qui alterne entre élans concertants et rhapsodie jazzée. Après un épisode particulièrement percussif et une conclusion aux harmonies mystérieuses, le deuxième mouvement s’achève avec une seconde cadence qui met en évidence la virtuosité de l’interprète. Particulièrement vif et exaltant, le mouvement final semble nous entraîner dans une danse folklorique, dans laquelle le piano paraît parfois taquiner l’orchestre. Ou le public. À vous d’en juger!

Anton Bruckner (1824-1896)

Symphonie n° 6

I. Majestoso
II. Adagio. Sehr feierlich
III. Scherzo. Nicht schnell — Trio. Langsam
IV. Finale. Bewegt, doch nicht zu schnell

Il coexiste en Bruckner un paysan qui prête à se gaudir de ses balourdises et un ange qui émeut de tant d’ingénuité.

– Jean Gallois

Anton Bruckner a connu un succès pour le moins tardif. Si l’histoire de la musique regorge de ces enfants au génie précoce – Mozart, Lili Boulanger, Liszt, André Mathieu, et tant d’autres –, Bruckner s’est quant à lui réellement attelé à la composition à l’âge de 40 ans. Toutefois, il a longtemps peiné à obtenir la reconnaissance de ses pairs, ainsi qu’à faire jouer sa musique. Au milieu des années 1870, le quinquagénaire demeure incompris et subit quelques échecs cuisants. Le secrétaire général du Conservatoire de Vienne en vient même à lui écrire : « Vos symphonies? Vous pouvez les jeter au fumier! Vous gagneriez plus avec des exercices de piano et ce serait plus malin…

Mais Bruckner souhaite honorer ce talent qu’il considère comme un don de Dieu, et continue son travail acharné. À la fin des années 1870, le vent commence enfin à tourner. C’est d’ailleurs à l’automne 1879 qu’il entame l’écriture de sa Sixième Symphonie, qu’il mettra deux ans à écrire. Bien que Bruckner soit connu pour avoir remanié, reremanié et nous oserions même dire rereremanié ses partitions, la Sixième fait exception à ce modus operandi et n’a pas subi d’altérations de la part du compositeur. Deux des mouvements sont créés en 1883; mais ce n’est qu’en 1901 que la partition originale est finalement jouée dans son intégralité, cinq ans après la mort du compositeur.

On pourrait décrire [la Sixième Symphonie] comme l’œuvre d’un philosophe […], par sa beauté visionnaire et la logique de ses modulations, révélatrices d’un système de composition particulièrement abouti.

– Philip Barford

Plusieurs ont évoqué ce caractère philosophique de la Sixième Symphonie de Bruckner, à l’image d’un homme se questionnant sur sa propre foi. Le premier mouvement, « Majestoso », entraîne avec intensité l’auditeur dans un monde de contrastes – le plongeant tantôt dans de sombres ténèbres, l’éclairant tantôt d’une brillante lumière –, avant que ne retentisse la grandiose coda. L’« Adagio » solennel qui suit ne démord pas de cette écriture contrastée alors qu’une marche funèbre succède au lyrisme initial. Bruckner aurait surnommé sa Symphonie « L’effrontée », et c’est certainement le troisième mouvement, atypique autant qu’énigmatique, qui lui a inspiré ce qualificatif. La Sixième se conclut dans un finale où l’intensité prend des airs d’accents guerriers, entrecoupés de pauses méditatives. L’œuvre approche de sa fin et l’on se demande quelle direction emprunteront les derniers instants. Mais les cuivres se lèvent et donnent à la conclusion un air indéniablement triomphant.