jeudi 15 octobre, 2026 19h30

Maison des arts Desjardins Drummondville

175 Rue Ringuet, Drummondville


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Cauchemar sur la rue Ringuet

Programme

Une nuit sur le Mont Chauve


Psycho : A Short Suite


L’Oiseau de feu: Suite (1919)


Danse macabre


Par un soir d’Halloween


Danzón n° 2


On vous aura prévenus : ce concert n’est pas pour les enfants.

Pour ouvrir la saison, l’orchestre s’aventure du côté de l’horreur, des sorcières et des créatures diaboliques. Venez découvrir avec nous comment les compositeurs font sonner la peur, le frisson et l’angoisse. Et si tout cela vous effraie trop, ne craignez rien. Le concert se terminera dans la joie et l’exubérance de la fête mexicaine du Jour des Morts!

Comme quoi les squelettes ne font pas peur à tout le monde. Surtout pas à nos musicien·ne·s!

Arrivez tôt … si vous l’osez !

Dès 18 h 30, nos Jeunes musicien·ne·s à l’avant-scène donnent le coup d’envoi et l’étrange s’invite dans le hall : photobooth thématique et rencontre avec des personnages hantés qui se sont enfuis du Village québécois d’antan. Aurez-vous le courage de vous en approcher?

Vous pensez que tout est terminé ?

Après le concert, l’ambiance se transforme. Cocktail thématique, musique d’ambiance et quelques surprises vous attendent pour prolonger l’expérience.

Julien Proulx

Julien Proulx

Chef d’orchestre

Modest Moussorgski (1839-1881)

Une nuit sur le Mont Chauve

1. Réunion des sorcières, leurs discussions et leurs commérages
2. Cortège de Satan
3. Glorification maléfique de Satan
4. Sabbat 

Le dernier [humain] sur la Terre était assis tout seul dans une pièce.
On cogna à la porte…
– Fredric Brown, Knock, 1948

S’il est une pièce que tous et toutes reconnaîtront dans ce programme, c’est certainement Une nuit sur le Mont Chauve, écrite par Modest Moussorgski en 1867. Pour plusieurs, ce poème symphonique est intimement lié à certaines images de Fantasia, puisque Disney l’intégra à son film d’animation de 1940. C’est l’univers des sorcières qui a inspiré Moussorgski, d’abord avec à la nouvelle La nuit de la Saint Jean de Nicolas Gogol, puis en découvrant la pièce La sorcière de Georgy Mengden, et enfin en consultant des ouvrages de sorcellerie. Le nom des différentes sections de l’œuvre confirme que passer une nuit sur le Mont Chauve n’est définitivement pas l’option à privilégier pour une nuit de noces ou une sortie en famille : « Réunion des sorcières, leurs discussions et leurs commérages », « Cortège de Satan », « Glorification maléfique de Satan » et « Sabbat ».

 

Igor Stravinsky (1882-1971)

L’Oiseau de feu: Suite (1919)

I. Introduction 
II. L’Oiseau de feu et sa danse
III. Variation de l’Oiseau de feu
IV. Ronde des princesses
V. Danse infernale de Kastcheï
VI. Berceuse
VII. Finale

C’est en 1910 à Paris qu’a lieu la création de L’Oiseau de feu, le premier des trois grands ballets qui ont fait la renommée d’Igor Stravinsky, avec Petrouchka et Le sacre du printemps. Il s’agit de la première commande que le compositeur recevait de Sergei Diaghilev, le fondateur des Ballets russes. Ce dernier a d’ailleurs tôt fait de comprendre qu’il avait visé juste : L’Oiseau de feu connaît un succès foudroyant. Encouragé par cet accueil chaleureux, Stravinsky décide d’adapter son œuvre en suite symphonique, dont il tire trois versions au fil des années; la plus jouée étant celle de 1919. Au cœur de la Suite, on retrouve le personnage de l’Oiseau de feu, qui est une figure récurrente des contes folkloriques slaves. Dans le livret qui accompagne l’œuvre de Stravinsky, l’Oiseau de feu tente d’échapper à un jeune prince qui souhaite le capturer, mais qui accepte de le relâcher en échange d’une plume magique. Leur course les ayant menés dans l’enceinte d’un château, l’Oiseau prévient le prince de la présence du roi maléfique Kastcheï, qui retient prisonnières 13 princesses. Tombé amoureux de l’une d’elles, le prince choisit alors de confronter le roi. Grâce à sa plume et avec l’aide de l’Oiseau de feu, qui plonge le roi et ses sujets dans un sommeil profond, le prince délivre la princesse, avant de vivre heureux et d’avoir beaucoup d’enfants.

Camille Saint-Saëns (1835-1921)

Danse macabre

Si la musique terrifiante de ce concert ne vous a pas encore fait perdre connaissance, tout va bien, le pire est passé. Pour ceux et celles dont les ongles seraient enfoncés dans le bras de leur partenaire, vous pouvez maintenant les en retirer délicatement. Mais revenons à nos moutons… c’est en 1874 que Camille Saint-Saëns compose la Danse macabre, l’une de ses œuvres les plus connues. Elle s’inspire d’un poème d’Henri Cazalis, qui commence ainsi :

Zig et zig et zig, la mort en cadence
Frappant une tombe avec son talon,
La mort à minuit joue un air de danse,
Zig et zig et zag, sur son violon.
Le vent d’hiver souffle, et la nuit est sombre,
Des gémissements sortent des tilleuls;
Les squelettes blancs vont à travers l’ombre
Courant et sautant sous leurs grands linceuls,

On comprend que la Mort organise un grand bal pour que les squelettes d’un cimetière puissent se retrouver et se dégourdir les articulations. La Danse macabre débute avec les 12 coups de minuits à la harpe, avant de laisser place au violon de la Mort, qui semble s’accorder avant d’entamer la danse. Le xylophone tient une place importante dans l’œuvre – ce qui est rare pour l’époque –, lui qui illustre le cliquetis des os qui dansent. Les derniers vers du poème de Cazalis, que Saint-Saëns a inclus dans son livret, sont les suivants :

Mais psit! Tout à coup on quitte la ronde,
On se pousse, on fuit, le coq a chanté.

Et effectivement, vers la fin de l’œuvre, on peut entendre le hautbois imitant le chant du coq avant que tout le monde ne s’apaise.

Maxime Goulet (né en 1980)

Par un soir d’Halloween

I. L’envolée de la sorcière
II. La marche des zombies
III. La métamorphose du loup-garou
IV. Les fantômes du manoir
V. Les squelettes attaquent!

Par un soir d’Halloween est une suite orchestrale écrite par le compositeur québécois Maxime Goulet – dont la famille paternelle est originaire de Drummondville –, lauréat du prix Opus dans la catégorie « Compositeur de l’année » en 2026. La Suite est divisée en cinq mouvements, qui évoquent chacun une créature fantastique, soit la sorcière, le zombie, le loup-garou, le fantôme et le squelette. Évidemment, un squelette n’est pas à proprement parler une créature fantastique… sauf si bien sûr il est détaché de son corps et tente de vous assassiner. L’œuvre, nous apprend Goulet, « s’inspire librement de dessins d’enfants de chacune des créatures pour mieux les évoquer, voire même les transcender ». Préparez-vous à frémir d’angoisse devant le rire strident d’une sorcière machiavélique, à vous réfugier dans les bras de votre voisin de siège en entendant la marche lugubre des revenants en quête de chair fraîche, ou encore à claquer des dents lorsque retentira la valse du grand bal des fantômes.

Il y avait une erreur ici dans la citation originale (voir au lieu de voire). Je ne sais pas si ça vaut la peine d’en avertir Maxime, puisque c’est sur son site.

Arturo Márquez (né en 1950)

Danzón n° 2

Arturo Marquéz, aujourd’hui âgé de 75 ans, est considéré comme le plus grand compositeur mexicain de son époque. Ce sont ses huit « Danzónes » qui l’ont rendu particulièrement célèbre, et tout particulièrement la deuxième, créée en mars 1994. C’est dans les salles de bal de Mexico que Marquéz a découvert la danzón, une danse d’origine cubaine dérivée de la habanera. Il en reprend les contours dans son œuvre, qui présente des airs nostalgiques, des rythmes endiablés et une forme intimement liée à la danse. C’est un heureux mélange de tradition savante et d’éléments folkloriques, entrelacés par un compositeur qui avait une excellente connaissance tant de la musique classique que du jazz et de la musique populaire mexicaine.

© Gabriel Paquin-Buki