Liste d’écoute de musique classique pour le temps des Fêtes

Le temps des soirées qui s’éternisent, des journées passées en pyjama, des retrouvailles avec la famille et les amis et du désir de ralentir approche! Qu’on préfère passer les Fêtes en vase clos ou dans un feu roulant de célébrations, un incontournable demeure: la musique. Festive, tendre, joyeuse ou mélancolique, elle résonne au diapason des émotions que ravive cette période de l’année.

Voici une liste de suggestions pour vous accompagner entre deux emplettes ou pendant que vous passez des heures au fourneau!


Sleigh Ride, Leroy Anderson

Impossible de ne pas avoir le sourire fendu jusqu’aux oreilles à l’écoute de ce grand classique! On se retrouve instantanément plongé dans une balade en traîneau, clochettes, allure de trot et hennissement à l’appui. Vous embarquez?


Messe de minuit pour Noël, Marc-Antoine Charpentier

Composée en 1694, cette messe est une des œuvres les plus célèbres de Marc-Antoine Charpentier, et on peut encore l’entendre résonner à plusieurs endroits la veille de Noël. On y retrouve des bases d’airs de Noël populaires de l’époque transposées dans un contexte de musique sacrée.


Oratorio de Noël, Johann Sebastian Bach

Regroupant six cantates brillantes et pleines de vie, cette œuvre grandiose composée par J.S. Bach en 1734 présente le récit de la Nativité, depuis la naissance de Jésus jusqu’à l’Épiphanie. Alternant les grands chœurs aux airs de solistes, l’oratorio nous plonge dans un esprit festif et glorieux!


Oratorio de Noël, Camille Saint-Saëns

Moins connu que celui de Bach, l’Oratorio de Noël de Saint-Saëns n’en est pas moins magnifique avec ses sonorités tendres. Composé « dans le style de Bach », selon ce que le compositeur indique dans sa partition, il s’inspire des formes musicales et rythmiques baroques ainsi que de toute la symbolique chiffrée qu’on retrouve chez Bach.


Somewhere in my Memory, John Williams (Home Alone)

On est plusieurs à renouer avec les péripéties de Kevin McCallister chaque année à l’approche des Fêtes, pour notre plus grand bonheur! John Williams, compositeur de la musique du film Home Alone, a eu le génie de créer de nouveaux classiques de Noël appréciés par toutes les familles. Cet extrait provoque inévitablement sourires nostalgiques et frissons!


Hark! The Herald Angels Sing, Felix Mendelssohn

Ce chant de Noël bien connu est une adaptation musicale signée William H. Cumming d’une cantate de Mendelssohn, Vaterland, in deinen Gauen, composée pour commémorer l’invention de l’imprimerie. On retrouve dans cette œuvre un chœur d’anges qui chante de manière solennelle et grandiose ses louanges à Dieu.


Trame sonore du film Little Women, Thomas Newman

Un autre film qui a bercé bien des chaumières pendant les Fêtes: Little Women de Gillian Armstrong, mettant en vedette Winona Ryder et Susan Sarandon. Pour créer une ambiance de Noël lumineuse et chaleureuse dans votre maison, laissez-vous emporter par la musique que Thomas Newman a composée pour le film.


Casse-Noisette, Piotr Ilitch Tchaïkovski

On ne pouvait passer à côté! Le célèbre ballet-féerie composé en 1892 à Saint-Pétersbourg par Tchaïkovski est l’un des plus populaires à travers le monde. Il est d’ailleurs présenté chaque année à Montréal depuis 1964 et plusieurs générations de mélomanes sont entrées en contact avec la musique classique par cette œuvre phare traitant du passage de l’enfance à l’adolescence. Laissez-vous à nouveau séduire par la musique de la Fée Dragée, de la Valse des fleurs et de la bataille avec le Roi des souris!

 


Noël blanc, Quartom

On l’a entendu dans notre concert Visions d’Amérique et il nous offre ici un aperçu d’un album de Noël à paraître en 2023: voici le groupe a cappela Quartom interprétant la chanson Noël blanc, dans un arrangement de Simon Leclerc. En attendant la suite avec impatience, on regarde la douce neige tomber tout en se laissant bercer par ces quatre voix!

 


10 questions pour le baryton Dominique Côté

À l’occasion de notre première causerie musicale SOPREMA, le 5 à 7 festif L’humour en musique, le baryton et comédien Dominique Côté se joint à nous pour présenter un répertoire amusant (et parfois grivois!) signé Daunais, Ravel, Mozart et Poulenc. 

Artiste polyvalent aux talents multiples, Dominique partage sa vie professionnelle entre l’opéra, la mélodie, la comédie musicale, les plateaux de tournage et le doublage. S’il s’intéresse d’abord au théâtre, sa carrière de chanteur s’impose à lui par accident : après s’être cassé la voix lors d’une séance de doublage de dessins animés, le comédien se voit contraint à une rééducation vocale… où il se découvre toute une voix lyrique! Depuis, celui qui ne connaissait rien à l’opéra se produit avec l’Opéra de Montréal, l’Opéra de Québec, l’OSM, les Violons du Roy, l’Opéra Lafayette, l’Opéra de Lille et l’Opéra de Marseille, pour ne nommer que ceux-là.

Pour en apprendre un peu plus sur notre invité, on lui a posé quelques questions de circonstance. Bonne lecture!

1.  Es-tu un grand adepte d’humour en général?

« Pantoute! (rires) En fait, je ne suis pas un fan d’humoriste. Je suis un fan de plein de choses comiques, mais j’aime l’humour qui est inattendu. Quand on ne m’a pas annoncé avant “viens icitte, tu vas rire”. On dirait que sinon je me braque et je me dis “ah ouin, t’es drôle toi? J’ai hâte de voir ça!” Je vais beaucoup plus rire si je suis surpris, si je ne m’attends à rien. 

J’ai découvert récemment l’humoriste française Blanche Cardin, elle est formidable! Elle me fait mourir de rire. Justement, on ne voit pas venir du tout où elle nous amène et son univers est complètement délirant. C’est une humoriste qui m’a surpris. »

2. Qu’est-ce qui te fait rire dans la vie?

« Les gens qui ne sont pas censés nous faire rire, comme les politiciens ou les complotistes. Je les trouve souvent très drôles! Les gens qui se prennent très au sérieux, ça aussi ça me fait beaucoup rire. Mais sinon, j’aime l’humour vraiment niaiseux, ou alors l’humour vraiment intelligent. »

3. Le moment le plus drôle que tu aies vécu sur scène?

« Ce n’était pas vraiment sur scène, mais pendant un mariage. Je chantais L’essentiel de Ginette Reno, une chanson que j’ai souvent interprétée pour des mariages et des funérailles, alors je lève les yeux de ma partition parce que je la connais bien. À un moment donné, la chanson dit “Je crois que l’important est fait de petits riens/Être attendu le soir et courir en chemin” et moi je chante “Je crois que l’important est fait de petits riens/Être attendu le soir et mourir en chemin”. L’organiste part à rire, je suis plus capable de chanter, c’est la catastrophe. La cérémonie était filmée, alors il y a quelqu’un qui a ça sur sa vidéo de mariage quelque part! »

4. Tu as endisqué un album consacré à Lionel Daunais, qu’est-ce qui te plait le plus dans son œuvre?

« J’aime beaucoup sa musique, mais ce sont d’abord ses textes qui m’ont accroché. Son répertoire humoristique est assez unique. Ça rejoint mon côté comédien, parce que s’il y a une clé pour interpréter Daunais, c’est qu’il faut partir du texte. Si le chanteur ne nous fait pas comprendre les mots et leur sens, ça perd complètement de son intérêt. De toute évidence, il met des textes en musique, et non l’inverse. C’est donc primordial de le placer en avant.

Il y a également toute une dimension historique sur l’humour de l’époque qui me plaît. Il se moque beaucoup de la religion, aborde les sujets qui étaient tabous, transgresse les règles, va un petit peu dans des blagues salées, tout en restant gentil parce qu’il ne faut pas aller trop loin… » 

5. Quel genre de musique écoutes-tu dans ta vie de tous les jours?

« De tout, sauf du heavy metal. J’écoute du country, de la chanson française, de la musique québécoise, des crooners américains, du gros pop… Dans mes dernières découvertes, il y a La Zarra, Clara Luciani et l’album enargeia d’Emily D’Angelo. »

6. Ton côté givré, tu l’exprimes comment?

« Ça ne se raconte pas… »

7. Quels sont tes compositeurs préférés?

« Je suis embêté! Je n’ai pas vraiment un style de prédilection ou de compositeur fétiche. Je finis toujours par avoir envie d’aller explorer autre chose, ce qui fait que je ne suis pas spécialiste d’un type de répertoire en particulier. Je vais beaucoup aimer certaines œuvres de certains compositeurs, sans nécessairement triper sur tout ce qu’ils ont fait. Par exemple, j’adore Pelléas et Mélisande de Debussy parce que c’est une œuvre complète où il a le temps de développer ses idées musicales, mais ses mélodies ne me touchent pas du tout. »

8. Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton métier?

« La création. Je rêve encore de rencontrer un compositeur qui capote sur mon cas et qui m’écrive des rôles. Peu importe le style! Tant que j’y crois et que ça me donne envie de m’investir dans le projet. J’aime aussi présenter du répertoire méconnu pour lequel il n’existe pas d’enregistrement et qui n’a presque jamais été monté, parce que ça surprend le public et ça, ça change tout. Il n’y a aucun référent, aucune prédisposition, aucune comparaison possible. Que de la découverte. »

9. Quelle a été ton expérience professionnelle la plus marquante?

« L’opéra Les Feluettes, adapté de la pièce de Michel-Marc Bouchard, est certainement en haut de ma liste. D’abord parce que j’adore l’œuvre, et puis parce que le personnage que j’ai interprété, la Comtesse, est le plus extraordinaire de tout le répertoire. Il n’y a rien qui ressemble à ça! C’est le genre de personnage que tu n’as jamais fini d’explorer. Un terrain de jeu formidable, à la fois pour l’acteur et le chanteur. Après, Nelligan occupe aussi une place particulière parce que le personnage m’a suivi pendant 15 ans. J’ai un attachement particulier à lui. »

10. Que nous réserves-tu les 26 et 27 octobre prochains?

« Plein de découvertes! De la musique, je crois, facile à aimer dès la première écoute, des textes à l’humour intelligent, mais parfois aussi un peu niaiseux. De l’humour comme je l’aime : surprenant! »

 

L’humour en musique est présenté le 26 octobre prochain à 19h30 à Nicolet, ainsi que le 27 octobre à 17h à Drummondville. Au plaisir de vous y voir!


L’OSD accueille son nouveau directeur général

C’est avec grand bonheur que nous accueillons notre nouveau directeur général, Jean François Lippé, au moment où notre nouvelle saison symphonique prend son envol! Fort d’une riche expérience dans le milieu des arts, il se joint à notre équipe avec enthousiasme pour y relever de nouveaux défis. 


Rencontre avec un passionné de musique, de découvertes et de rencontres humaines.

La musique classique : un retour à ses premières amours

Notre nouveau directeur arrive ici en terrain connu. Jean François Lippé se plaît en effet à dire qu’il est tombé assez jeune dans la fosse d’orchestre. « Mon premier emploi était à l’Orchestre symphonique de Sherbrooke, alors que j’étudiais en sciences humaines au Cégep. J’y ai donc fait mes classes », raconte-t-il. S’en est suivi un travail à l’Orchestre Mondial des Jeunesses Musicales, des études en communication marketing, puis une riche carrière au sein du milieu de la musique classique.

Une impressionnante feuille de route

Tout au long de sa carrière, il côtoie les plus grands ensembles musicaux de la province. Après avoir été nommé directeur des communications et du marketing pour les Violons du Roy, il travaille pour le Centre d’arts d’Orford en tant que directeur des communications, du marketing et du financement. Puis, il fonde sa propre entreprise, Lippé Communications, à travers celle-ci il collabore avec l’Orchestre Métropolitain, Analekta, l’Orchestre de la francophonie, l’Opéra de Québec, le Centre d’arts Orford, le Festival d’opéra de Québec et les Violons du Roy, pour ne nommer que ceux-là. 

Après son passage au Musée national des beaux-arts du Québec à titre de directeur des communications et du marketing et au Festival de la chanson de Granby en tant que directeur général, il revient dans le milieu de la musique classique. 

Un milieu vivant et foisonnant de projets porteurs

Qu’est-ce qui l’attire tant dans cette branche artistique? « J’aime me laisser transporter par la musique, regarder jouer les musiciens, voir naître et prendre forme des projets. Opéra, concert symphonique, musique de chambre ou récital, chaque médium nous plonge dans des univers complètement différents et tout aussi passionnants les uns que les autres. »

Le nouveau venu à l’Orchestre symphonique de Drummondville est d’ailleurs bien embêté lorsqu’on lui demande d’identifier ses compositeurs préférés. « Je ne peux pas répondre à ça! J’aime autant les grands classiques que le nouveau répertoire. Je suis ouvert à tous les styles, de la musique baroque à la musique contemporaine. Quand j’assiste à un concert, je me laisse porter complètement par la musique et le talent des musiciens. »

Un organisme culturel dynamique et impliqué dans la communauté

Parmi les raisons qui ont motivé sa venue à l’OSD, Jean François Lippé mentionne la renommée de l’orchestre et le parcours de Julien Proulx, récemment nommé directeur artistique de l’année aux Prix Opus. « Je trouve super intéressants les projets qu’il a implantés ici au cours des dernières années. J’avais aussi eu vent de la grande qualité de l’orchestre et de l’excellence des musiciens qui en font partie. J’ai d’ailleurs très hâte de les rencontrer! Je pense qu’il y a beaucoup de potentiel pour la suite des choses, on sent une belle effervescence, un beau dynamisme. »

Un orchestre symphonique près de son public

Les possibilités sont grandes également au niveau de la médiation et de l’éducation pour faire connaître la musique classique aux jeunes de la région et créer un rapprochement avec le public en général. « La musique classique peut être vue comme élitiste, mais c’est important d’aller à la rencontre des gens et de montrer à quel point elle est accessible. Il faut créer une proximité avec le public, humaniser l’orchestre et être présent dans la communauté », renchérit-il. 

Travailler en étroite collaboration

En intégrant son poste, le directeur général souhaite s’arrimer à la vision artistique de Julien Proulx pour développer l’orchestre de pair avec lui. « Je veux voir ce qu’il veut faire à court, moyen et long terme. Ce que je souhaite, c’est qu’il y ait une grande collaboration entre les deux directions, qu’on avance ensemble et qu’on discute des projets qu’on veut mettre en place pour voir comment les rendre possibles. » 

C’est le début d’une belle aventure!

Plongeant dans l’aventure à l’aube de notre saison 2022-2023, Jean François Lippé se réjouit de faire la connaissance de toute la communauté de l’OSD. « J’espère que les gens seront au rendez-vous pour découvrir ou redécouvrir l’orchestre à l’occasion de nos concerts, que l’on continuera de faire rayonner l’orchestre et, par le fait, toute la région de Drummondville. »

 

Bienvenue dans la famille, Jean François![/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]


Liste d’écoute pour les vacances

Oh que vous les attendiez et que vous vous promettez bien d’en profiter: vos vacances d’été! Que vous partiez à la mer, en roadtrip, en camping ou sur un autre continent, pour bien décrocher, accompagnez votre temps d’arrêt de musique classique. Voici quelques suggestions à vous mettre dans l’oreille! 


1. La barchetta: en gondole avec Joyce DiDonato

Inspiré d’un séjour à Venise où il rejoint l’écrivain Marcel Proust, Reynaldo Hahn compose en 1900 un cycle de mélodies dans lequel on retrouve La barchetta. Toute la saveur, les couleurs et la chaleur de l’Italie s’y retrouvent. Laissez-vous porter par la voix de Joyce DiDonato pour vous imaginer en gondole!

https://youtu.be/G_Sox_pMoZM


2. L’Été selon Vivaldi

Incontournable s’il en est un, l’Été, extrait des Quatre Saisons de Vivaldi, a de quoi nous plonger au cœur des rayons écrasants, de la sécheresse, des insectes, des chants d’oiseaux et des orages de la saison chaude. À écouter sous un soleil plombant!

https://www.youtube.com/watch?v=D5hCGaOWdwE


3. En voiture avec Wagner

Paré pour l’aventure? Fenêtres baissées, bagages en place et lunettes de soleil sur le nez, partez en roadtrip le son à plein volume avec Ritt der Walküren! Vous serez gonflé à bloc pour manger les kilomètres et partir à la découverte de nouveaux territoires. 

https://www.youtube.com/watch?v=GGU1P6lBW6Q


4. Doux matin avec Grieg

Lors d’un séjour à la campagne, parmi les fleurs et les petits animaux, ouvrez les yeux sur une nouvelle journée avec Au matin de Grieg. Inspirez un grand coup et dites-vous que c’est ça, la belle vie. (Ça fonctionne aussi si vous êtes en ville ou à la mer, ça vaut le coup d’essayer…)

https://www.youtube.com/watch?v=7lKo6TYDXCQ


5. Après un rêve de Fauré

La violoniste Marie Bégin, notre soliste invitée lors du concert Mozart et Jupiter présenté en février dernier, s’est unie au pianiste Samuel Blanchette-Gagnon, que vous entendrez lors de notre premier concert de la saison 2022-2023, pour nous offrir un album tout en douceur et en nuances. On y trouve du Fauré, du Franck et du Szymanowski, ainsi que cette belle mélodie de Fauré, Après un rêve. Un instant d’apesanteur dans la chaleur estivale. 

https://www.youtube.com/watch?v=vgRvqfJKn3A&list=OLAK5uy_nomjEE56FDcCzZCV9TEAYg-Vc6Bg_Auao&index=11


6. Une soirée d’été avec Hugo Alfvén

C’est inspiré par le solstice d’été que le compositeur Hugo Alfvén a composé au début du XXe siècle la Rhapsodie suédoise Midsommarvaka, ou Veillée d’été en français. Des influences de la tradition folklorique finlandaise s’y laissent deviner. L’heure est à la fête!

https://www.youtube.com/watch?v=FN-n-UzG_dg


7. Un saut à La mer avec Debussy

Le ressac des vagues, la danse du vent sur l’eau, toutes les beautés de la mer: tout ça habite La mer, trois esquisses symphoniques pour orchestre de Debussy. Inspiré des paysages marins présents dans la peinture et la littérature, le compositeur imprègne son œuvre d’impressionnisme et de symbolisme. Laissez-vous porter par le courant!

https://www.youtube.com/watch?v=IoENgt1h4_A&t=143s

 

 

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10 romans inspirées par la musique classique

Liste d’écoute pour bercer votre hiver de musique classique


Liste d’écoute pour bercer votre hiver de musique classique

Le froid nous picote le bout du nez, les flocons dansent, les décorations scintillent: l’hiver est bel et bien arrivé! À l’approche des Fêtes, on a demandé à nos musiciens de nous partager leurs coups de cœur pour accompagner la saison froide et profiter des fins de semaine en famille au chaud, à la maison comme au chalet.

Voici donc leurs suggestions musicales pour accompagner le déballage des cadeaux ou affronter tout en douceur les tempêtes de neige à venir, chocolat chaud à la main!


1. Sérénade pour cordes, Dvořák

J’aime cette pièce pour l’optimisme et la légèreté qu’elle dégage. Il y a aussi une nostalgie absolument magnifique dans le 2e mouvement...

Jessy Dubé, violon


2. Plus tôt de Alexandra Stréliski

C’est une pièce calme et propice à l’introspection. De la bonne musique pour accompagner une soirée d’hiver enneigée, écrite et jouée par une jeune musicienne québécoise.

Lindsay Roberts, hautbois et cor anglais


3. Sonate pour viole de gambe en ré majeur de J.S. Bach

Bach me détend, et le fait que ce soit joué par des instruments à cordes baroques me parle. J’écouterais ça en lisant un bon livre devant un petit feu, bien emmitouflée dans une couverture et les bras de mon amoureux.

Marie-Lise Ouellet, alto


4. Sinfonia Antartica de Vaughan Williams

Quand il fait très froid et que c’est sombre dehors, j’aime écouter cette œuvre de Ralph Vaughan Williams. C’est froid, immuable, terrifiant parfois, mais aussi fascinant parce que ce sont des sentiments qu’on essaie d’éviter habituellement. Il faut une bonne couverture et un chocolat chaud pour s’en remettre !

Pascal Lafrenière, cor


5. Le cygne de Saint-Saëns

Cette pièce nous touche particulièrement, ma conjointe et moi. Elle faisait partie de la playlist d’accouchement de ma conjointe. C’est une œuvre que nous avons beaucoup écoutée ensemble avant, pendant et après l’accouchement. Notre fils est né en décembre 2019, donc c’est maintenant une pièce étroitement associée à l’hiver pour toute la famille.

Vincent Séguin, percussions


6. Symphonie nº1 de Tchaïkovski

J’adore la symphonie nº 1 de Tchaïkovski, Rêves d’hiver. Il me semble que ça nous plonge tout de suite dans un décor et une ambiance de neige. Froid extérieur et feu de foyer me donnent envie d’écouter cette œuvre !

Isabelle Longpré, violon


7. L’hiver, extrait des Quatre saisons de Vivaldi interprété par l’accordéoniste Richard Galliano

Incontournable choix lorsqu’il s’agit de désigner une pièce représentant la saison froide, cette étonnante version nous réchauffe grâce au flamboyant jeu virtuose de Richard Galliano.

Caroline Richard, violoncelle


8. Quatuor à cordes nº2 en ré majeur de Borodine Notturno

Pour se réconforter face au froid des hivers nordiques, quoi de mieux que le son chaleureux du quatuor à cordes ! Je ne sais pas si c’était là l’intention du compositeur, mais chaque fois que je joue le très simple, mais si beau Notturno du quatuor nº 2 de Borodine, entouré de mes trois collègues et amis musiciens, je me sens immédiatement transporté dans une petite maison de campagne, russe ou québécoise. Le givre envahit la fenêtre et les branches des sapins dehors, tandis que nous, nous sommes bien au chaud autour du poêle à bois qui crépite doucement...

Vincent Delorme, alto solo

Pour entendre le Notturno, rendez-vous à 13 min 19 s de la vidéo suivante. (Mais nous vous suggérons d’écouter le quatuor en entier, vous en apprécierez chacun des mouvements !)


9. Concerto grosso op. 5, nº 11 en mi majeur de Geminiani - The Academy of Ancient Music

J’aime le dépouillement des Concertos Grossos de Geminiani. Un calme et une simplicité s’en dégagent, et aussi une certaine froideur, comme un détachement… Ça me fait penser à une belle journée ensoleillée d’hiver où le froid est mordant, et où moi je profite de la belle lumière, bien au chaud à l’intérieur !

Line Deneault, second violon, solo


10. Symphonie nº5 de Gustav Mahler Dudamel - Orchestre philharmonique de Berlin

J’ai beaucoup écouté ce concert enregistré le 27 octobre 2018, que l’on peut trouver sur la salle de concert numérique de l’Orchestre philharmonique de Berlin. Je trouve cette œuvre de Mahler pertinente par rapport à ce qui se passe dans notre société actuellement. Pour moi, c’est la meilleure symphonie pour s’initier aux œuvres de Mahler. Elle traite de l’isolement et de la solitude. Je la trouve à la fois déchirante et pleine d’espoir, un peu comme l’expérience d’être parent !

Catherine Varvaro, timbales solo

 

Vous avez accès ici à la bande-annonce du concert. Pour en visionner l’intégrale, rendez-vous ici


10 romans inspirées par la musique classique

Depuis toujours, la musique inspire les plus grands auteurs. Pour accompagner la diffusion de notre capsule culturelle tournée à la Bibliothèque publique de Drummondville, nous vous avons concocté une liste de dix romans dans lesquels la musique tient un rôle de premier plan. Avec l’été qui s’en vient, voici de quoi pimenter vos lectures de vacances!

1. Les Variations Goldberg, Nancy Huston (1981)

Dans ce roman de 32 chapitres, empruntant à la structure de l’œuvre éponyme de J.S. Bach, la claveciniste Liliane Kulainn offre à ses invités un concert où elle interprète Les Variations Goldberg. Tout au long du récit, on accède tour à tour aux pensées des convives qui écoutent et réfléchissent, tous à un diapason différent. Souvenirs, désirs et préoccupations s’entremêlent, tissant la forme littéraire de ces Variations.

2. La contrebasse, Patrick Süskind (1992)

Nous assistons, dans ce livre signé par l’auteur du best-seller Le parfum, à un monologue tragique et drôle livré par un contrebassiste. Si celui-ci commence par rendre hommage à son bel instrument puissant et imposant, l’éloge cède graduellement du terrain à la frustration et à la rancœur qui s’expriment et se déchaînent jusqu’à atteindre la folie.

3. Novecento : pianiste, Alessandro Barrico (1994)

Dans ce monologue poétique, un trompettiste nous raconte l’histoire de son ami Novecento qui est né sur un paquebot et n’a jamais mis le pied sur la terre ferme. Tout au long de sa vie sur l’eau, il joue du piano, devenant virtuose et composant une musique étrange et magnifique, la musique de l’Océan.

4. Tribunal d’honneur, Dominique Fernandez (1997)

Un homme d’affaires français de passage à Saint-Pétersbourg se trouve mêlé par hasard à une étrange histoire, celle d’un tribunal d’honneur s’apprêtant à juger un ancien condisciple de l’école de droit qui aurait séduit un mineur proche du tsar. L’accusé : nul autre que Tchaïkovski. L’auteur avance ici une autre hypothèse, non vérifiable, concernant les circonstances de la mort du compositeur.

5. La musique d’une vie, Andreï Makine (2001)

Ce livre raconte la vie d’un pianiste russe au talent prometteur qui se voit forcé de fuir la répression stalinienne avant son tout premier concert. Prenant l’identité d’un soldat mort pour sauver sa vie, il se retrouve pris dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale tout en restant fidèle à sa musique intérieure. Un véritable joyau écrit avec une grande sobriété et qui rend hommage à l’indomptable force de l’esprit.

6. Le temps où nous chantions, Richard Powers (2003)

Ce roman est une véritable ode à la musique et une histoire bouleversante sur le racisme aux États-Unis durant la période allant de 1939 à la fin du XXe siècle. Un récit d’amour et d’humanité avec la musique comme trame de fond, musique qui apparaît comme un sanctuaire de paix contre les hurlements du monde.

7. Icare et la flûte enchantée, Julien Burgonde (2003)

Le Dr Jean Hicquart, personnage central du récit, se retrouve transporté à la suite d’un accident ferroviaire à l’époque de Mozart au moment où celui-ci termine son opéra la Flûte enchantée. Le Dr Hicquart passe quelque temps auprès du compositeur, et assiste au glissement de Mozart vers la mort alors qu’il travaille d’arrache-pied à son Requiem et sa Cantate maçonnique. Un roman lumineux qui fait entendre la voix de l’admiration, de l’émotion et du plaisir.

8. Le joueur de triangle, Nicolas Gilbert (2009)

Ce roman signé par l’auteur et compositeur québécois Nicolas Gilbert relate l’histoire d’un jeune percussionniste qui s’apprête à participer à son premier concert avec l’OSM. Sa partition : une seule et unique note au triangle. Mais l’angoisse le prend subitement et ne le quitte plus, le liant de manière inattendue à différentes personnes qui croisent sa route. Un roman choral ficelé avec habileté.

9. Les Suites pour violoncelle seul, Eric Siblin (2012)

Voici un roman à la fois policier et biographique où l’histoire politique et artistique côtoie la quête personnelle. Au cœur du livre : les Six Suites pour violoncelle seul de J.S. Bach. Nous y suivons trois récits qui se déroulent à des époques différentes et qui évoquent le destin unique de cette œuvre musicale, de sa création à aujourd’hui. Un roman qui s’adresse aux mélomanes tout autant qu’aux néophytes.

10. Nous qui n’étions rien, Madeleine Thien (2016)

Pendant la Révolution culturelle, deux familles unies par la musique et un mystérieux roman tissent des liens, se retrouvent séparées, se recroisent. Dans cette saga d’une profonde humanité, l’autrice dépeint la Chine des années 30 jusqu’aux années 2000, de la place Tian’anmen au désert de Gobi, mettant en scène l’oppression, la censure et la dictature qui ont marqué les esprits à jamais. À l’avant-plan : la musique, toujours. Mourante, survivante, témoin de tout, traversant les âges.

BONUS - Amours, délice et orgue : récits d’une vie plurielle, François Dompierre (2021)

Le compositeur François Dompierre, mis en lumière dans notre capsule culturelle, présente dans ce livre des récits de sa vie, depuis sa (ses!) passion pour la musique à ses années passées comme animateur à la radio. Il y dépeint avec verve son appétit de vivre, ses amours, ses doutes, ses angoisses et les rencontres qui ont jalonné sa route. Comme l’écrit Louise Forestier: « Dompierre, c’est l’art de vivre dans sa forme la plus élégante… et gourmande. »

 


Le numérique : Transformer une contrainte en opportunité

En mars 2020, quand la pandémie paralyse le Québec en entier, le milieu culturel est frappé de plein fouet. Salles fermées, ouvertures partielles, fermeture complète à nouveau : les arts vivants sont mis sur pause pour une durée indéterminée. Face à cette réalité, les concerts doivent se redéfinir et le numérique s’impose comme une alternative à la scène.

Comment l’Orchestre symphonique de Drummondville apprivoise-t-il ce nouveau médium? Le directeur artistique Julien Proulx s’ouvre sur le sujet, tandis que le vidéaste Simon Jolicoeur-Côté nous partage son point de vue sur la musique classique filmée depuis l’arrière de sa caméra.

Pleins feux sur l’OSD en mode numérique !

Développer de nouveaux outils

La contrainte de devoir se tourner vers le numérique pour rejoindre son public a forcé l’OSD à faire preuve de créativité et à développer de nouveaux outils. « Notre présence web filmée était plutôt limitée jusqu’ici », dit Julien Proulx. « On n’avait jamais vraiment investigué ça, que ce soit sur Youtube ou sur nos réseaux sociaux. C’est un peu une opportunité à saisir finalement, le fait qu’on soit obligé de s’y pencher maintenant. Je vois ça comme une année d’exploration, de “recherche et développement”. On en profite pour essayer des choses qu’on n’aurait pas eu le temps de faire normalement ! »

Au menu pour cette saison particulière : des capsules culturelles, des mini-concerts numériques gratuits et des concerts en webdiffusion.

Une offre à part entière plutôt qu’une solution de rechange

Pour Julien Proulx, il est clair que l’expérience du numérique ne doit pas venir seulement pallier l’absence des concerts en salle ou être présentée comme une offre par dépit. « Si on filme un produit qui a été pensé comme un concert, ça ne rend pas justice au concert et ce n’est pas aussi satisfaisant pour le public et les artistes. Ce qu’on recherche, c’est traiter la captation numérique comme un produit en soi, quelque chose de nouveau, avec une plus-value artistique par rapport à l’expérience en salle. De la même façon qu’on ne peut pas retrouver l’énergie d’un concert live quand on le filme, on veut développer un produit que les gens ne pourront jamais retrouver en salle. »

Impensable, donc, de simplement jouer comme avant en allumant des caméras. Une démarche de réflexion est entreprise afin de créer des produits uniques, pensés expressément pour l’écran. « Avec le télétravail, les gens restent devant leur ordinateur pendant des heures. On doit être assez convaincants pour qu’ils y restent encore plus longtemps pour nous regarder ! »

Mettre en valeur les lieux culturels de la région

Au départ, l’idée de sortir de la salle de spectacle s’impose. « Comme on ne peut pas nécessairement être tous sur scène en même temps, un de nos buts est d’occuper le territoire, d’aller visiter différents lieux importants de la ville de Drummondville, que ce soit d’anciennes industries, des églises, la nouvelle bibliothèque… De mettre en lumière, donc, toute la richesse des lieux emblématiques de notre région », explique Julien Proulx.

Différents regards dans la lentille

Que ce soit pour les capsules culturelles, les mini-concerts ou les concerts, l’OSD fait appel à différents vidéastes pour qu’ils posent leur regard singulier sur l’Orchestre et ses musiciens. « Avoir recours à différentes signatures artistiques enrichit notre démarche de création d’œuvres originales. On travaille de pair avec les réalisateurs, ce qui est tout nouveau pour nous. En musique classique, on est habitué à faire des disques, des captations live, mais tourner des capsules, par exemple, c’est un tout nouveau mode de production pour nous. Alors que c’est un médium utilisé depuis longtemps en pop — avec les vidéoclips par exemple —, c’est un peu de l’inconnu en classique. Il faut donc s’assurer de tous parler le même langage quand on travaille ensemble. »

Accompagner visuellement le spectateur dans son écoute

Le vidéaste Simon Jolicoeur, qui a entre autres réalisé le mini-concert Fanny Mendelssohn* et quelques capsules culturelles, cherche à transmettre un narratif de l’œuvre dans son travail. « Mon objectif est que les plans, le montage, le rythme des images concordent avec la pièce. Ce n’est pas toujours facile. Il faut surtout bien connaître l’œuvre avant de la filmer, l’écouter, étudier la partition pour être en mesure d’adapter le cadrage et les angles de vue. Ce travail doit être fait en amont puisqu’une fois les images tournées, on doit monter avec qui a été tourné! »

Le principal défi pour rendre intéressant un concert à l’audiovisuel est de créer un équilibre entre les plans rapprochés et les plans larges sans briser le rythme musical. « Il y a tellement de concerts qui sont filmés de façon triste… Je ne crois pas avoir de solution miracle, mais je pense que j’amène une touche personnelle à mes plans. Mon background en vidéo est loin de la musique (j’ai commencé avec des tournages extérieurs, sportifs et très intenses!), mais je suis aussi un tromboniste professionnel. Je comprends les enjeux d’un tournage en musique, le rôle d’un chef d’orchestre ou la respiration d’une section avant de jouer. Je pense que le mélange entre les deux milieux, le sport et la musique, me donne un regard différent », renchérit Simon Jolicoeur-Côté.

Les avantages du numérique

Filmer un concert, c’est donner la chance au spectateur d’être dans l’orchestre, et non assis dans une grande salle.

Qu’est-ce que le développement d’un produit numérique permet ? « Explorer l’aspect visuel de la performance », répond Julien Proulx. « Les caméras peuvent se promener, on peut avoir un regard différent sur les musiciens, leurs instruments, on peut voir des visages, des doigts en gros plan, le chef de l’avant - contrairement au concert où il fait toujours dos au public. Ça permet d’avoir des montages et des images plus dynamiques que lorsqu’on filme un concert comme une simple captation live. On propose un produit vivant, différent de ce qui se fait ailleurs. Transposer la musique dans d’autres lieux nous permet aussi d’explorer des ambiances totalement différentes de celles d’un concert régulier. »

Simon Jolicoeur-Côté abonde dans le même sens. « Ce que je cherche, c’est faire vivre au public l’émotion, la tension ou l’effort physique que les musiciens sentent et qui est difficilement transmissible en salle. J’aime les plans rapprochés pour ça. Filmer un concert, c’est donner la chance au spectateur d’être dans l’orchestre, et non assis dans une grande salle. Je crois que c’est cette proximité qui rend les tournages de musique classique intéressants. »

Un tournage est aussi le moment d’oser prendre des risques, comme essayer de nouveaux plans et tester des angles différents. Le pire qui peut arriver, c’est que les images soient coupées au montage !

Atteindre un nouveau public

Jusqu’à présent, les expériences numériques de l’OSD lui ont permis de réaliser que la webdiffusion touche un public différent de celui qui se présente en salle. Une belle occasion d’ouvrir les portes de la musique classique à ceux qui ne sont peut-être pas encore prêts à franchir le pas de s’acheter un billet pour assister à un concert ! « Ce qui est intéressant aussi, renchérit le directeur artistique, c’est qu’il y a tout un bassin de gens à l’extérieur de la région qui profite de notre diffusion sur le web. Que ce soit des membres des familles de nos musiciens, des gens qui ont entendu parler de nous et qui n’ont pas nécessairement l’occasion de se déplacer pour venir nous entendre à Drummondville, ces gens de l’extérieur ont maintenant accès à ce qu’on fait. C’est une façon de partager plus largement notre musique. »

Que restera-t-il après la pandémie?

Si les concerts filmés ne sont peut-être pas destinés à demeurer dans l’offre de l’OSD une fois la situation rétablie, les capsules et les mini-concerts, eux, pourraient bien se poursuivre. «Sous une certaine forme. Évidemment, ça engendre des coûts supplémentaires énormes, mais je pense que l’idée était justement de développer une esthétique, une expertise, des liens avec des collaborateurs qu’on aimerait bien garder près de nous. »

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* Présentateur du concert: Caisse Desjardins de Drummondville. Merci au Centre des arts populaires de Nicolet d’avoir rendu possible cette première aventure, ainsi qu’à Sogetel et à Traiteur Richard Côté.